La Campêche

 

La poudre de bois Campêche 

  

INCI: Haematoxylon campechianum ou bois de sang (appellation pour sa couleur rouge sang)

 

 

Un peu d’histoire : 

 

Le Campêche ou « Bois de Campêche », (Haematoxylum campechianum1) est un petit arbre tropical appartenant à la famille des fabaceae pouvant atteindre 15 mètres de haut. L'espèce est commune en Amérique centrale et aux Antilles.

 

Il doit son nom au port mexicain de Campêche, où l’on chargeait les poudres tinctoriales et bois de teinture à l’exportation, pour les tissus.

 

La poudre de bois de campêche est obtenue en broyant l’écorce de l’arbre du même nom.

 

Son bois est très dur, lourd et très foncé, et sa sève également. Son pigment est appelé Campêche ou Hématéine.

 

 

Les Aztèques, qui l’appelaient « quamochitl » sont les premiers à avoir découvert les vertus colorantes de l’hématéine au premier millénaire.

 

La principale utilisation était la teinture. On extrayait du bois de cœur un composé, l'hématoxyline (ou hématine, représentant 10 % du bois), d'abord faiblement coloré mais devenant rouge vif par exposition à l'oxygène de l'air et aux bases alcalines présentes dans le bois. Le colorant formé, l'hématéine, est employé pour teindre la laine, la soie, le coton etc.

 

En variant le ph utilisé, le campêche permet d'obtenir des teintes allant du bleu au rouge, soit beaucoup de violets et de mauves, ainsi que des gris et de superbes noirs.

 

Nous reviendrons sur les tests ph un peu plus bas…

 

 

 

Autrefois, le bois du campêche était aussi utilisé pour fabriquer du charbon de bois, très réputé encore de nos jours.

 

Son bois est aussi utilisé pour fabriquer des meubles, des traverses de chemin de fer, des poteaux de soutènement et certaines pièces de bateaux.

 

Les enfants utilisaient dans la première moitié du XXe siècle de la décoction de bois de campêche comme encre sympathique : un message tracé avec cette encre était presque invisible, mais devenait très lisible après passage d'un fer à repasser chaud.

 

Ses fleurs très mellifères sont très appréciées des apiculteurs. Le miel monofloral de fleurs de campêche est ambré, doux et souple en bouche.

 

Cet arbre épineux lorsqu'il est planté en alignement serré fournit de belles haies impénétrables et délicieusement odorantes au moment de la floraison.

 

Le campêche possède aussi de nombreux usages médicinaux. 

Aux Petites Antilles, on le prescrit comme fébrifuge (en buvant des décoctions de feuilles plusieurs fois par jour) ou comme hémostatique et cicatrisant (en appliquant le jus des feuilles écrasées sur des plaies puis en badigeonnant l'eau de macération des feuilles). 

L'hématoxyline a aussi montré des activités anti-inflammatoires dépendantes de la dose (tests sur des rats et des embryons de poulet).

On pouvait se procurer du bois de campêche dans les pharmacies.

En Europe, la plante était autrefois officinale, comme antidiarrhéique.

 

 

 

 

En soin cheveux et associé au henné, la poudre de campêche permet de colorer les cheveux dans des tons allant du rouge passant par le violine à marron.

 

 

La meilleure façon de l’utiliser et de faire une infusion.

 

Il est important de noter que la campêche a horreur de l’acidité, et il ne faut donc jamais l’associer à des poudres ou plantes tinctoriales acides.

 

L’acidité tue les pigments de la campêche et la rend donc totalement inutilisable. On évite donc le citron, l’orange, l’amla, le vinaigre, l’hibiscus, le sureau, et tout ce qui peut être acide.

 

 

 

Variations de couleurs en fonction du ph :

 

Pour du rouge : sans ajout

 

Pour du rouge profond : du sel

 

Pour du violine : du bicarbonate

 

Pour du violet prononcé : de l’alun

 

 

 

De gauche à droite : vinaigre de cidre, alun, campêche seule, sel, bicarbonate 

 

 

 

Margue Rite

 

  pour Henné Paradise et Nat la Fée du Henné 🌺